Climat : A l’ONU, la Chine, de loin le premier émetteur de CO2 sur la planète, s’engage à la neutralité carbone d’ici à 2060

La Chine, de loin le premier émetteur mondial de CO2, s’est fixée pour la première fois hier, mardi 22 septembre un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2060. Une décision qui renforce l’accord de Paris sur le climat, vigoureusement défendu sur le continent africain par le Gabon.

C’est historique.

A tel point que l’annonce a créée la surprise et la sensation.

Hier, mardi, dans un discours à l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tient de façon virtuelle cette année en raison de la pandémie de Covid-19, le président chinois Xi Jinping a déclaré : « Nous avons comme objectif de commencer à faire baisser les émissions de CO2 avant 2030, et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060 ».

Pékin va accroître ses engagements climatiques dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, a-t-il ajouté. Des engagements qui sont librement fixés par chaque pays signataire mais qui les engagent, et qui sont censés être régulièrement revus à la hausse. Le prochain cycle de relèvements est jugé crucial pour infléchir réellement la courbe mondiale des émissions de carbone et limiter le réchauffement de la planète.

Certes, l’objectif de 2060 est moins ambitieux que la date de 2050 adoptée par des dizaines de petits pays et quelques grands, dont ceux de l’Union européenne. Il a néanmoins été salué par plusieurs experts comme un pas majeur pour redonner de la vie à l’accord de Paris. Et pour cause, la Chine est, de loin, le premier émetteur de CO2 au monde avec 28 % des émissions mondiales. Loin devant les Etats-Unis (14 %), l’Inde (6 %) et la Russie (4 %).

Un discours reçu avec prudence mais espoir en Afrique, notamment au Gabon, pays considéré comme le plus ardent défenseur de l’Accord de Paris sur le continent

Certaines voies s’élèvent toutefois, à l’instar de Jean-Pascal van Ypersele, climatologue belge et ancien vice-président du Giec, le groupe d’experts climat de l’ONU, qui estime que la Chine devra être « cohérente » et, par exemple, arrêter de financer des centrales au charbon ou d’autres infrastructures aux énergies fossiles en Afrique.

Malgré une certaine prudence, les déclarations du président chinois Xi Jinping ont néanmoins été saluées en Afrique. C’est le cas au Gabon, pays considéré comme le plus ardent défenseur de l’Accord de Paris sur le continent, et dont le territoire est recouvert à 85 % par la forêt équatoriale, l’un des deux poumons verts de la planète.

Le président gabonais est lui-même très impliqué sur la scène internationale en matière de diplomatie climatique. Il a longtemps dirigé le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement africains sur les changements climatiques (CAHOSCC) et c’est le Gabon qui, depuis janvier 2020, préside le groupe des négociateurs africains sur le climat qui a vocation à formuler de nouvelles propositions lors de la prochaine COP.

Dans un rapport de référence paru en 2018, les experts climat de l’ONU indiquaient que réduire à zéro les rejets nets de carbone dans l’atmosphère d’ici le milieu du siècle du XXIème est indispensable pour limiter à 1,5°C le réchauffement de la planète par rapport à la fin du XIXe siècle.

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