En position de force sur la scène politique intérieure, le président RD congolais, Félix Tshisekedi, prend ce week-end les rênes de l’Union africaine


Le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, deviendra ce week-end président pour un an de l’Union africaine (UA). Il prendra ses fonctions lors du sommet de l’organisation à Addis Abeba. Il est le premier RD congolais à occuper une telle fonction depuis 1967. Cette année-là, Mobutu avait présidé l’Organisation de l’unité africaine, l’ancien nom de l’UA.

C’est vraisemblablement la perspective d’accéder à la présidence de l’UA qui a poussé Félix Tshisekedi à accélérer sa révolution de palais au sein de la coalition qui le liait à son prédécesseur, Joseph Kabila.

Après être parvenu à démettre fin décembre la présidente de l’Assemblée nationale, puis en janvier le premier ministre, c’est au tour aujourd’hui du président du Sénat, tous des proches de Joseph Kabila dont le système s’est effondré. L’ancien président, qui rêvait de reprendre le pouvoir en 2023 à la faveur de l’élection présidentielle, voit ses espoirs s’évanouir.

C’est donc en position de force chez lui que Félix Tshisekedi accède à la présidence de l’UA. Son programme s’annonce ambitieux. Il repose sur neuf « piliers » :

    • lutter contre le Covid-19, dont la deuxième vague frappe le continent plus fort que la première, tout en restant très en-deçà des dégâts occasionnés par le coronavirus en Europe et dans les Amériques ;
    • promouvoir une Afrique « responsable, consciente de son Histoire, de son potentiel artistique et de la richesse de son patrimoine culturel »;
    • promouvoir la paix et la sécurité (alors que le continent est le théâtre d’une guerre civile en Libye, de violences djihadistes et communautaires au Sahel et au Nigeria, d’une rébellion du Tigray contre Addis Abeba, d’une rébellion des anglophones au Cameroun, d’un accroissement des violences djihadistes au Mozambique; de violences récurrentes à l’est de la RDC);
    • appuyer l’intégration africaine ;
    • « accélérer » la construction du barrage Grand Inga ;
    • promouvoir le développement du « capital humain africain » à travers la formation ;
    • lutter contre les violences basées sur le genre et pour la parité dans les instances africaines de décision; promouvoir l’Etat de droit ;
    • enfin, soutenir la lutte contre le changement climatique.

Ne reste plus à Félix Tshisekedi qu’à désigner un nouveau premier ministre. Son choix devrait se porter soit vers Modeste Bahati, un ex-ministre de Mobutu et ex-allié de Joseph Kabila, et l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, l’un des hommes les plus populaires du pays.

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