[Série 1/6] Les propositions chocs du rapport sur l’égalité femme-homme au Gabon en matière d’éducation : lutter contre les grossesses précoces et favoriser le maintien des filles à l’école

Sylvia Bongo Ondimba a remis mercredi 30 septembre 2020 au chef de l’Etat un rapport disruptif sur l’égalité femme-homme au Gabon © Facebook / FSBO


Mercredi 30 septembre, le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, a reçu des mains de son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, fondatrice de la Fondation éponyme, une Stratégie de promotion des droits de la femme et de la réduction des inégalités femme/homme. Élaborée par une équipe pluridisciplinaire, celle-ci contient 33 mesures réparties en six domaines (éducation, santé, droit de la famille, politique, économie, violences faites aux femmes) à mettre en œuvre sur une période de 3 ans. L’objectif renforcer les droits des femmes et lutter contre les inégalités entre les genres au Gabon. Des propositions, aussitôt endossées par le chef de l’Etat qui y voit une opportunité pour donner une « nouvelle impulsion » à la Décennie de la femme lancée en 2015. Celui-ci a donné instruction au gouvernement de faire le nécessaire pour les retranscrire en droit et les rendre applicables dans les faits. Voici celles qui concernent le domaine de l’éducation. 

Constat

Dans le domaine de l’éducation, l’accès à l’école est paritaire, la scolarisation des filles atteignant des niveaux élevés au niveau du primaire. Les taux de scolarisation décroissent au fil des cycles et notamment lors du passage au collège, où l’on constate une déperdition scolaire forte et un important absentéisme pour les filles, qui s’explique en partie par la vulnérabilité des filles pour se rendre à l’école. Par ailleurs à partir du collège, la scolarité
des filles est fortement affectée par les grossesses précoces qui concernent ~50% des 15-19 ans.

Ces grossesses ont un impact négatif sur la scolarité et donnent lieu à des redoublements ou de l’abandon scolaire des élèves-mères dans plus de 50% des cas. Depuis 2004, le Gabon s’efforce de permettre aux jeunes filles de retourner à l’école après l’accouchement, cette politique progressiste vise à améliorer l’existence et le futur de ces jeunes femmes.

Compte tenu des difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes filles, le retour à l’école devrait faire l’objet d’une attention particulière.

En outre, les grossesses précoces sont également le témoin de l’importance et de la banalisation des violences sexuelles en milieu scolaire, puisque les relations intergénérationnelles, consenties ou issues d’un rapport de domination, sont à l’origine de ~40% des grossesses précoces.

Bien que des dispositifs d’éducation sexuelle et de prévention des violences existent dans les collèges et lycées, au travers des programmes de l’éducation nationale et des actions de sensibilisation des ONG, ces dispositifs ne semblent pas suffisants compte-tenu de l’ampleur de ces problèmes.

Les actions de sensibilisation réalisées dès le primaire et de manière extrêmement ciblée constituent des pistes d’amélioration de l’enseignement des sciences sexuelles et de la reproduction.

Concernant les violences en milieu scolaire, elles ne semblent pas faire l’objet de poursuites et il n’existe pas de dispositif légal préventif et répressif spécifique pour ce type de violences.

Recommandations majeures

– Accompagner les jeunes filles enceintes et jeunes mères pour lutter contre l’abandon scolaire.
– Renforcer les dispositifs d’éducation sexuelle en milieu scolaire.

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