« Il faut encore aller plus loin pour que nos matières participent pleinement au développement du Gabon » (Noureddin Bongo Valentin)

C’est ce qu’a déclaré le coordinateur général des affaires présidentielles ce samedi 19 septembre à Moanda à l’occasion de son déplacement dans la province du Haut-Ogooué. 

C’est une petite phrase mais qui risque de faire l’effet d’une vraie bombe.

Ce samedi 19 septembre, à l’occasion de la deuxième journée de son déplacement dans le Haut-Ogooué, sa terre natale, Noureddin Bongo Valentin a visité le complexe métallurgique de Moanda, qui transforme le manganèse, minerai dont la province est particulièrement riche, avant de se rendre un peu plus loin dans l’usine de construction de pavés de Konda. Deux implantations appartenant à la Comilog, la filiale du minier français Eramet.

Léo Paul Batolo, le directeur général de la Comilog, était d’ailleurs présent à cette occasion (voir photo).

Si officiellement, il s’est agi de louer, à travers deux de ces emblèmes les plus remarquables, la politique impulsée par Libreville de transformation sur place des matières premières, de diversification économique et d’industrialisation, sur son compte Twitter, Noureddin Bongo Valentin s’est, à l’issue de cette visite, fait un brin plus ferme.

« Il faut encore aller plus loin pour que nos matières matières participent pleinement au développement du Gabon », a–t-il indiqué sur son compte Twitter, en taguant au passage Comilog et sa maison mère Eramet.  

Quand bien même est-il exprimé en des termes courtois, le message n’en est pas moins explicite. Qu’il s’agisse en l’espèce du manganèse, ou bien du pétrole, de l’or ou du bois, ressources dont le Gabon regorge, il convient d’assurer une répartition plus équitable de l’exploitation tirée de ces ressources, semble clairement signifier Noureddin Bongo Ondimba.

Aucun complexe

Certes, le débat est ancien mais celui qui a été nommé en décembre dernier au poste stratégique de coordinateur général des affaires présidentielles est à même de l’aborder avec un regard neuf et des atouts dont ses aînés étaient peut-être dépourvus. « Noureddin (Bongo Valentin) a été formé dans les meilleures écoles en Angleterre suivant les meilleurs standards internationaux. Il a par ailleurs débuté sa carrière comme manager chez Olam, la grande multinationale singapourienne. Il ne nourrit donc aucun complexe en matière de capitalisme international », explique le patron d’une multinationale qui dispose d’une filiale au Gabon et qui a été amené récemment à échanger avec lui.

« En fait », décrypte un économiste de la Banque africaine de développement (BAD), « Monsieur Bongo Valentin dit tout haut ce que beaucoup de Gabonais, dirigeants comme citoyens, mais également beaucoup d’économistes internationaux pensent tout bas ».

Alors, autre temps, autre mœurs ? Se dirige-t-on vers un rééquilibrage dans la répartition de la valeur ajoutée au profit de l’Etat gabonais dans le manganèse comme dans d’autres secteurs extractifs ? C’est en tout cas ce que semble indiquer les propos de Noureddin Bongo Valentin qui, sans rien n’y laisser paraître, pourrait bien faire l’effet d’une petite bombe.

L’enjeu, en tout cas, est majeur. Chaque année, l’exploitation des ressources gabonaises génèrent des milliers de milliards de francs CFA. Une manne qui pourrait davantage profiter à l’avenir au développement du pays et à sa population. C’est ce que beaucoup espèrent en tout cas.

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