100 milliards de FCFA de dette intérieure annulés en à peine 3 mois grâce à la taskforce

Depuis la création de la taskforce sur le règlement de la dette intérieure par arrêté le 20 juin dernier, 100 milliards de FCFA de dette intérieure injustifiées ont été annulés en à peine 3 mois.

C’est une belle preuve d’efficacité.

Instaurée par l’arrêté N°006/PR en date du 20 juin 2020, cette taskforce, qui se compose d’experts comptables et de techniciens de la Direction générale de la dette, de la Direction du trésor, de magistrats du parquet de Libreville et d’agent judiciaire de l’état, a, en à peine trois mois de fonctionnement, permis l’annulation de quelque 100 milliards de francs CFA non-justifiés.

« La volonté de l’État est de tenir ses engagements vis-à-vis des entreprises locales et de relancer l’activité économique, en particulier dans le contexte actuel marqué par la crise du Covid-19. Reste toutefois que, dans le cadre de la revue de sa dette intérieure, l’Etat doit être particulièrement précautionneux avec l’usage de l’argent public. C’est pourquoi il doit examiner la réalité et la conformité des travaux commandés pour pouvoir attester de l’existence d’une créance et, partant, s’en acquitter. C’est précisément le rôle de cette taskforce« , explique l’un de ses membres.

Justement, c’est à l’issue des premiers audits, portant sur la vérification sur place de pièces administratives et comptables, que cette taskforce a permis d’annuler tout un pan de cette dette intérieure.

« Ces annulations sont justifiées par le fait que les travaux commandés n’ont pas été exécutés. Résultat : l’entreprise ne peut se prévaloir de l’existence d’une créance sur l’Etat. C’est le fruit d’un travail rigoureux et contradictoire », insiste un autre membre de la taskforce.

« Ce qui signifie que l’on a travaillé avec les entreprises concernées de manière constructive dans le cadre d’un dialogue. Ce qui doit être légitimement payé par l’Etat le sera dans les meilleurs délais. Ce qui ne doit pas l’être, en revanche, ne peut valablement faire l’objet d’une quelconque réclamation », ajoute celui-ci.

Pour rappel, le Gabon s’est engagé à apurer sa dette, à la fois extérieure (bilatérale et multilatérale) et intérieure. Même si la crise du Covid-19 l’a contraint, à l’instar de l’ensemble des pays dans le monde, à se réendetter a minima, ça n’est que ponctuel. Libreville est fermement décidé à faire repartir l’économie du pays et à poursuivre sa politique de réforme de l’Etat afin de dégager des marges budgétaires dont une partie est consacrée au remboursement de la dette.

De ce point de vue, un effort particulier est fait depuis plusieurs mois sur la dette intérieure, celle dont les titulaires sont les entreprises locales, souvent des PME d’ailleurs. Dans le contexte actuel de crise du Covid-19, les autorités gabonaises entendent en effet les soutenir par tout moyen. Précisément, s’acquitter de leurs créances à partir du moment où celles-ci sont valablement reconnues, est un bon moyen parmi d’autres de le faire.

En juin dernier, l’agence internationale de notation Moody’s a relevé la note souveraine du Gabon en raison de la capacité du pays à honorer ses engagements (lire notre article et notre analyse).

Source

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Articles apparentés