Rose Ossouka Raponda:«Ali Bongo Ondimba se porte bien»

Dans un entretien exclusif accordé à Radio France Internationale (RFI), le Premier ministre, chef du gouvernement s’est voulu rassurante quant à l’état de santé du président gabonais et s’est prononcé sur d’autres sujets majeurs de l’actualité.

Quelle est la principale action qui caractérisera
votre mandature
 ?

Notre mission est claire et a été définie par le chef
de l’État, c’est celle de relancer l’économie et améliorer les conditions de
vie des populations gabonaises. Nous allons nous atteler à remplir ces
missions-là de manière progressive, tout en mettant le contrôle dans tout ce
qui sera fait sur un chronogramme qui sera défini dans les prochains jours.

Avec un
pétrole bas, la dette publique se creuse. Quelle est votre marge de manœuvre
 ?

Le taux d’endettement, vous vous dites qu’il est très
élevé, mais l’endettement, il est fait justement pour donner une bouffée
d’oxygène aux entreprises et créer des emplois. Et cet endettement a été
justement regardé dans le cas d’une stratégie afin d’apurer la dette et nous
allons voir au fur et à mesure comment la rendre un peu plus supportable pour
notre économie.

Le Gabon ne parvient toujours pas à diversifier véritablement
son économie, à sortir du tout pétrole
 ?

Ah, non. Je ne vous permets pas de le dire, Madame. Le
Gabon  a commencé sa diversification de l’économie. Il y a des
secteurs-clé quand même, des secteurs porteurs de croissance et de résilience
économique tels que l’agriculture, la pêche, le numérique, la forêt.

Mais le secteur pétrolier représente encore environ un
tiers du PIB…

Mais, c’est tout à fait normal. Une diversification se
fait dans le temps. Aujourd’hui, le rôle pour nous, c’est de faire en sorte que
les activités économiques reprennent et que les réalisations des projets qui
ont déjà été entamés depuis plusieurs années donnent des résultats qui soient
des résultats satisfaisants.

C’est la première fois qu’une femme est nommée au
poste de Premier ministre au Gabon. Mais dans votre pays, il y a des femmes
très influentes, des femmes comme Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente du
Conseil constitutionnel, Sylvia Bongo Ondimba, la Première dame…

Oui. Mais vous savez qu’il ne faut pas voir cette nomination
de femmes dans le prisme de la femme avec un grand F. Il s’agit de talents, de
compétences. Il s’agit d’efficacité collective, comme nous dit le chef de
l’État.

Vous les avez remerciées dans votre discours. Pourquoi ?

C’est très important parce que la Première dame du
Gabon, madame Sylvia Bongo Ondimba, pose des actions en faveur justement de
l’épanouissement de la condition féminine ; madame Mborantsuo, présidente du
Conseil constitutionnel, a joué un rôle important lors de la phase transitoire et
de la mise en place du multipartisme dans notre pays. Donc, ce sont des rôles
très importants, elles le jouent en tant que compétentes en la matière et non
en tant que femmes.

Cela fait bientôt deux ans que le président Ali Bongo
a été victime d’un AVC. Et l’opposition continue de parler de vacance du
pouvoir. Dans une tribune qu’il vient de publier, l’opposant Jean Gaspard
Ntoutoume Ayi s’interroge
 : « Qui
dirige le Gabon
 ?
Qui nomme les ministres et les Premiers ministres
 ? ».
Que lui répondez-vous
 ?

Le président Ali Bongo Odimba est le président du
Gabon. Le président Ali Bongo Odimba dirige le Gabon. Le président Ali Bongo
Odimba donne des instructions au gouvernement. Le chef d’État se porte bien.

Et que répondez-vous à ceux qui affirment que la
Première dame a trop d’influence justement
 ?

La Première dame du Gabon est la Première dame du
Gabon. Elle est aux côtés de son époux. Il joue son rôle de président de la
République. Et le Première dame joue son rôle de Première dame.

En ce qui concerne la pandémie du Covid, le Gabon
enregistre finalement peu de décès, 53 décès. Est-ce que le plus dur est passé
 ?

C’est le fruit justement de toutes les mesures qui ont
été mises en place pour freiner la propagation de la Covid-19 qui font en sorte
que nous avons un taux de létalité qui soit faible et que les guéris également
sont très importants par rapport aux 8 500 qui ont été déclarés positifs.

Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui encore le maintien
du couvre-feu et les interdictions de manifester
 ?

Le couvre-feu doit permettre de limiter justement
l’activité nocturne non essentielle et cela a donné les résultats que l’on
connait aujourd’hui.

Les réunions de plus de dix personnes restent
interdites. Les partis politiques ne se réunissent plus. Ce sont des libertés fondamentales
 ?

Il s’agit de santé. Il s’agit de la santé des hommes.
Je crois que tous les pays du monde l’ont fait également à un moment donné et
lorsqu’ils ont relâché, on voit des exemples qui se passent à travers le monde,
la résurgence exponentielle des cas de Covid-19. Il faut que nous continuons,
que nous continuons à être prudents et regarder cas par cas comment alléger
certaines mesures pour que les activités normales reprennent.

« Mais où est passé
l’argent promis
 ?
Qu’est-ce qui a été fait pour améliorer les structures sanitaires au Gabon
 »,
s’interroge par exemple Marc Ona Essangui de Tournons la page, association de
défense des droits humains, qui parle de «
 corona business ». Est-ce que c’est une réalité ?

Les comptes sont clairs. Donc, il n’est pas question d’affaires qui ont été réalisées sur le dos des prises en charge des personnes qui sont contaminées par le Covid-19. Des enquêtes parlementaires ont débuté déjà au mois de juin, juillet. Essayez d’interroger les députés qui sont dédiés à la tâche. Ils vont au fond des questions. Et tout est clair et transparent.

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