Incidents post-électoraux de 2016: Les sanctions américaines contre le procureur de la CPI Fatou Bensouda sonnent le glas des ultimes espoirs de Jean Ping

Les Etats-Unis ont sanctionné le procureur général de la Cour pénale internationale. Une mauvaise nouvelle pour l’opposant gabonais Jean Ping qui a longtemps espéré pouvoir compter sur son soutien pour obtenir l’ouverture d’une hypothétique enquête sur les incidents post-électoraux de 2016. 

Redoutées depuis 2018, les sanctions américaines visant Fatou Bensouda, procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), sont tombées ce mercredi 2 septembre. « Aujourd’hui nous passons de la parole aux actes », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, avant de déclarer que les potentiels soutiens de la procureure subiront le même sort. Graduellement, les Etats-Unis devraient appliquer des sanctions économiques et aller à des restrictions de visa.

En cause, une enquête controversée de la CPI visant à élucider de prétendus crimes qu’auraient commis l’armée américaine en Afghanistan notamment. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que nos gars sont menacés par un tribunal bidon – et nous ne le ferons pas », avait clairement averti Mike Pompeo il y a quelques mois déjà.

Ces sanctions sont un coup dur pour la gambienne Fatou Bensouda mais également pour tous ceux qui comptaient sur elle pour plaider leur cause auprès de la CPI. C’est notamment le cas de Jean Ping.

Pour l’opposant gabonais, « la porte s’était déjà refermée en septembre 2018. Elle l’est maintenant à double tour », commente un spécialiste du Tribunal international de La Haye.

Déjà, le 21 septembre 2018, Fatou Bensouda avait adressé à Jean Ping une fin de non-recevoir. « A l’issue d’un examen approfondi, en fait et en droit, de toutes les informations disponibles, le procureur a estimé, qu’à ce stade, les conditions juridiques justifiant l’ouverture d’une enquête sur la situation en République gabonaise n’étaient pas remplies », avait alors déclaré son porte-parole.

Les sanctions américaines à l’encontre de Fatou Bensouda étant une manière de « l’inviter » à plus de discernement dans le choix de ses enquêtes, elles contraignent l’intéressée à encore plus de sélectivité », explique le spécialiste de la CPI.

Selon lui, elles sonnent du même coup le glas des derniers espoirs de Jean Ping de voir un jour son dossier aboutir devant la juridiction internationale. « En aucune manière des opérations de police peuvent être assimilées à un crime contre l’humanité », avait conclu sans équivoque à l’époque les enquêteurs de la CPI, soulignant que « des faits de violence, numériquement limités, avaient été commis de part et d’autre ».

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