Après avoir quitté l’UN, Wolfgang Ebanegha Essono rejoint le PDG

Considéré comme l’une des valeurs montantes de la vie politique gabonaise, le jeune conseiller municipal du premier arrondissement de la commune de Libreville, élu en octobre 2018 sous l’étiquette de l’Union nationale (UN), vient d’intégrer les rangs du Parti démocratique gabonais (PDG). Un nouveau coup dur pour l’opposition, minée par les querelles d’ambitions, et une jolie prise de guerre pour la formation au pouvoir.

On savait l’opposition gabonaise mal en point. L’actualité en offre une nouvelle illustration.

Après avoir claqué la porte en novembre 2019 du parti dirigé par Zacharie Myboto, Wolfgang Ebanegha Essono, qui était par ailleurs l’un des animateurs du Front uni des jeunes de l’opposition (FUJO), a décidé de rallier le Parti démocratique gabonais (PDG).

En octobre 2018, il avait été élu lors des élections municipales dans le 1er arrondissement de Libreville sur la liste conduite par Chantal Myboto, candidate de l’Union Nationale 2013.

En novembre dernier, il avait décidé de quitter l’UN en raison, avait-il alors expliqué, « du mutisme et l’absence du parti sur le terrain politique ». Il justifiait également son départ par le fait que « depuis fort longtemps, (il) remarqu(ait) des dysfonctionnements criants au sein du parti et au sein de la coordination d’arrondissement ».

Selon ses proches, Ebanegha déplorait l’incapacité de l’opposition à s’organiser pour travailler sur le fond. « Les dirigeants de l’opposition ne pensent qu’aux élections. Nous n’avons rien à proposer aux Gabonais sur leurs préoccupations quotidiennes comme l’emploi, la santé, l’éducation, le pouvoir d’achat, etc. Nous sommes toujours contre ce que fait le parti au pouvoir, quoi qu’il fasse, mais jamais pour quelque chose. Comme si nous n’avons rien à contre-proposer », relate un de ses proches en le citant.

Cela fait plusieurs mois que Ebanegha nourrissait sa décision. « Je suis jeune. J’ai de l’énergie. Je veux la déployer à bâtir mon pays et non à critiquer. Je veux agir », insistait-il auprès de l’un de ses intimes.

Une opposition aphone, minée par les divisions et les ambitions

Ce transfuge est révélateur de l’état actuel de l’opposition gabonaise. Aphone depuis la fin des élections législatives et locales de 2018 lors desquelles elle a subi une véritable déroute, celle-ci est en proie à de profondes divisions qui s’expliquent notamment par les ambitions qui s’aiguisent à mesure de que se rapproche la prochaine élection présidentielle prévue en 2023.

L’Union nationale est d’autant plus frappée que les querelles intestines y sont avivées par la course à la succession de son fondateur, Zacharie Myboto, 82 ans. Entre les différents prétendants, Chantal Myboto, Paulette Missambo, Casimir Oyé Mba et Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, les relations sont à couteaux tirés (lire notre article). Ce dernier a d’ailleurs fait savoir qu’il quitterait le parti s’il n’en devient pas le président.

« L’ambiance est devenue délétère. Tout ce beau monde ne pense qu’à une chose : à leur carrière politique. Les Gabonais, ils s’en foutent », déplore un haut cadre du parti qui s’apprête lui aussi à le quitter.

Signe de ce climat tendu, début août déjà, de nombreux cadres avaient, eux aussi, annoncé qu’ils claquaient la porte du parti.

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