Terence Oyinamono, diplômé de droit, mort en prison d’hémorragie interne


 

Arrêté lors du couvre-feu puis placé en détention préventive, Terence Ulrich Oyinamono, 36 ans, est décédé à la prison centrale de Libreville fin juillet suite à une “hémorragie interne”, selon le rapport d’autopsie. Un événement inadmissible, dénoncent ses proches, qui sont allés jusqu’à batailler auprès de la prison pour découvrir la mort de Terence. Ils prévoient une action en justice.

© Photo fournie par la famille

 

En moins de dix jours, la vie de Terence Ulrich Oyinamono a basculé… jusqu’à ne plus être.

Contacté par Gabonreview, une de ses sœurs, Marina Mamalepot, relate la descente aux enfers de cet homme mort à 36 ans, diplômé de droit en France (Montpellier et Perpignan), et qui attendait de se faire embaucher à la CNSS.

© Photo fournie par la famille

Terence venait de fêter ses 36 ans en juin. Il est issu d’une famille altogovéenne de hauts fonctionnaires – son père, Francis Oyinamono, est diplomate (premier conseiller de l’ambassade du Gabon en Chine) tandis que son oncle, Dominique Oyinamono, est l’ancien directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC). Le premier adjoint au maire Serge Akassaga fait aussi partie de ses proches.

Un mégot de chanvre… et sous mandat de dépôt

Arrêté lors d’un contrôle de police le 16 juillet à Libreville, Terence Oyinamono n’aurait pas respecté le couvre-feu et aurait eu un mégot de chanvre sur lui. Il est alors placé en garde à vue. La famille n’est alors pas informée de cette détention, ni du lieu.

Le 20 juillet – soit après quatre jours de garde à vue, délai maximum selon la loi -, Terence est placé sous mandat de dépôt.

Hémorragie interne

Le 24 juillet, quatre jours après son arrivée en prison, il meurt, sans que ses proches ne soient au courant. La famille ayant entendu des rumeurs sur son décès, se rend à la prison. Les responsables du pénitencier démentent la mort de Terence. C’est lorsque la famille est allée jusqu’à les menacer que ceux-ci avouent que le corps de Terence a déjà été envoyé à la morgue de de la Compagnie africaine des sépultures du Gabon (Casepga).

Une autopsie est organisée : «le médecin légiste dit que la mort est survenue après une hémorragie interne», se désole encore Marina Mamalepot.

Poursuites judiciaires en vue

L’enterrement de Terence vient d’avoir lieu dans le Haut-Ogooué. Les familles maternelle et paternelle se sont déjà mises en accord pour entamer une action en justice avec l’aide d’un avocat, vers septembre, le temps de finir le deuil.

Les cérémonies durent environ un mois, car «la tradition Obamba veut que l’on ne soit pas pressé de partir après avoir enterré quelqu’un, sinon ce serait comme le jeter» explique Marina Mamalepot.





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