Le ministre de la Santé renonce à plus de 240 millions versés par an par les hôpitaux à ses prédécesseurs

Au four et au moulin depuis sa nomination le 17 juillet dernier au poste de ministre de la Santé, le Dr. Guy Patrick Obiang multiplie les initiatives visant à assainir un secteur au premier plan depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ainsi, après l’annonce récente de sanctions contre les médecins ou encore le ramassage des déficients mentaux, l’ancien porte parole du Copil a déclaré, en marge d’une visite effectuée le mercredi 12 août dernier au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), qu’il renonçait à l’encaissement « injustifié » de plus de 20 millions de FCFA par mois perçus depuis plusieurs années par ceux l’ayant précédé au ministère de la Santé

C’est une décision qui fera date et qui met surtout en évidence les tares d’un système de santé à l’agonie et gangrené par l’appât du gain et l’enrichissement personnel. Un secteur où finalement ceux ayant la charge de l’améliorer n’ont véritablement jamais eu pour ambition d’atteindre cet objectif. Actif depuis sa nomination le 17 juillet dernier et constatant ainsi les dérives d’un secteur santé en première ligne dans la lutte contre la propagation de la Covid-19, le Dr. Guy Patrick Obiang vient de poser un acte fort, qui porte en son sein toutes les valeurs de la fameuse maxime « Gabon d’abord ».

Alors depuis plusieurs années les différents ministres ayant eu en charge le portefeuille de la santé percevaient des subsides particulièrement importants, l’ancien secrétaire général du ministère précédemment dirigé par Max Limoukou vient d’annoncer qu’il renonçait à « l’appui financier que les structures donnent au Ministre chaque fin de mois ».

En effet, constatant le déficit croissant en termes de « gestion et de gouvernance » qui entraîne une « situation assez lamentable de nos hôpitaux », le néo ministre de la Santé a donc décidé de « supprimer » cet appui en indiquant que « cet argent doit servir à l’achat des médicaments au bénéfice de la population ». Représentant la bagatelle de 240 millions de FCFA par an, soit plus de 1,2 milliard de FCFA au cours des cinq dernières années, cet « appui financier à la tutelle » sera donc désormais réaffecté à une dépense plus utile servant un intérêt général. Tout le contraire de ses prédécesseurs qui en avaient fait une rente mensuelle pour leurs intérêts personnels.

Matérialisée par la décision N°000091, la suppression de ce fonds vient par ailleurs souligner la volonté manifeste du nouveau patron du secteur de la santé, de redorer l’image de ce ministère ternie par de nombreux dysfonctionnements ayant conduit à de nombreux faits divers au cours des dernières années. L’opinion a encore en mémoire l’accouchement en pleine nature d’une femme, faute de moyens et les décès à la pelle de patients démunis.

Cet appui financier semblait dès lors injustifié, voire illégitime d’autant plus que chaque membre du gouvernement perçoit près de 60 millions de FCFA à l’année. Ce montant décaissé au profit de la tutelle stigmatise ce qui constitue donc aujourd’hui, l’un des principaux griefs faits à l’encontre des acteurs de la santé qui ont décidé de se laisser guider par l’appât du gain, faisant de la santé, pourtant une des priorités du chef de l’Etat, un secteur en perdition où le serment d’hippocrate vidé de sa substance, n’existe que de nom. Vivement un audit général du fonctionnement des structures hospitalières afin d’enrayer les dérives qui y sont érigées en norme et en mode de fonctionnement.

Source: https://www.gabonmediatime.com/gabon-le-ministre-de-la-sante-renonce-a-plus-de-240-millions-verses-par-an-par-les-hopitaux-a-ses-predecesseurs/

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