Gabon : Kongossanews temporairement suspendu pour injure et diffamation à l’encontre du président de la République


Le titre de l’article qui a valu un mois de suspension à Kongossanews a depuis été modifié © DR


Le 17 août dernier, le site d’information en ligne avait écrit que le chef de l’État gabonais était « de plus en fou ». Il a été interdit de publication pour une durée d’un mois. Une sanction que beaucoup estiment trop légère en raison de la gravité des propos et des standards africains et internationaux en la matière.

Le couperet est tombé hier, mercredi.

Le journal en ligne Kongossanews a été suspendu de publication pour un mois par le Haute autorité de la communication (HAC), le gendarme des médias gabonais.

Le motif : la publication sur son site le 17 août dernier d’un article titré « Promesses à la Nation : Ali Bongo de plus en plus fou ».

« Une telle affirmation s’assimile à une injure faite non seulement à la personne d’Ali Bongo mais également une offense à l’institution du président de la République », a indiqué la HAC dans ses considérants, conformément au Code de la communication.

Polémique

Aussitôt, une polémique a été relancée. Beaucoup estiment en effet que les sanctions sont, en pareil cas, trop modestes et insuffisamment dissuasives. En effet, presque partout ailleurs en Afrique, les sanctions sont bien plus lourdes. Au Sénégal, pays réputé très libéral, l’offense au chef de l’Etat est très sévèrement sanctionnée (lire notre article). Au Bénin, il y a quelques mois, un journaliste a écopé de 18 mois de prison ferme pour quelques tweets (lire notre article). En Algérie, plus récemment, le correspondant de TV5MONDE et de RSF a été condamné à trois ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat (lire notre article).

Face aux nombreuses dérives des médias, notamment des sites d’information en ligne au Gabon, comme la multiplication d’articles diffamatoires ou la propagation de fake news, certains plaident en faveur d’un système plus rapide, efficace et pragmatique. Les tenants de cette ligne avancent, en guise d’exemples, des sanctions financières systématiques ou encore la publication facilitée de droits de réponse barrant la une des sites d’information pris en défaut.

En attendant une éventuelle évolution de la réglementation, au Gabon, un constat est largement partagé : la liberté de la presse est trop souvent invoquée, à tort et à travers, par ceux qui manquent de professionnalisme et pensent pouvoir diffamer ou diffuser de fausses informations en toute impunité. Un système qu’il est grand temps de corriger.



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