Gabon : « 80 % des étudiants quittent l’UOB sans diplôme ou sans emploi », reconnait Jessye Ella Ekogha


L’Université Omar Bongo de Libreville est le principal établissement d’enseignement supérieur au Gabon © DR


Ce mardi 18 août, le porte-parole de la Présidence, connu pour son caractère franc et direct, a rappelé, lors d’un Facebook live suivi par des milliers d’internautes, cette triste réalité. C’est ce constat, a-t-il indiqué, qui a poussé le président Ali Bongo Ondimba a réformé le système d’éducation en donnant la priorité à l’enseignement technique et professionnel. Objectif : mieux faire correspondre l’offre de formation et les besoins en emplois. Verbatim.

« 80 % des étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) quittent l’établissement sans diplôme ou sans (perspective d’)emploi », a rappelé hier le porte-parole de la Présidence de la République.

C’est ce constat qui a présidé, il y a deux ans, à la grande réforme de l’Education au Gabon. Désormais, la priorité est clairement donnée à l’enseignement technique et professionnel, dont l’apprentissage.

« C’est comme cela que nous allons résorber le chômage. C’est en faisant la promotion de l’enseignement professionnel. Même si nous avons besoin des personnes formées à l’enseignement général, mais si on a 3000 étudiants psychologues, où vont-ils aller travailler ? Si on a 2000 étudiants qui sont spécialisés dans la culture hispanique, où vont-ils travailler ? », s’est demandé Jessye Ella Ekogha lors d’un Facebook live. 

Et le porte-parole de la Présidence, très à l’aise dans cet exercice qui en effraie plus d’un, de poursuivre : « Voilà pourquoi il y a eu cette réforme du système de bourses. Voilà pourquoi le système de bourses professionnelles prend en compte les étudiants de 35 ans, parce qu’il y a de jeunes compatriotes qui ont fait des études, qui ont fait des gros efforts mais qui, au final, sont bloqués parce que la filière qu’ils ont choisie est obstruée, il y a trop de monde. Et par ces nouvelles bourses, on peut les permettre de refaire 2 à 3 années d’études, accompagnées par l’Etat. Cela va leur permettre d’obtenir de nouvelles compétences, et d’aller dans des métiers où ils seront peut-être mieux payés ».

Les mutations de l’économie gabonaise ont fait apparaître de nouvelles opportunités sur le marché de l’emploi. Or, l’offre de formation, tournée vers l’enseignement généraliste, n’est aujourd’hui plus en adéquation avec ces nouveaux emplois qui supposent une formation dans le cadre de filière plus courte et professionnalisante.

C’est ce hiatus que les autorités gabonaises entendent combler à  travers la réforme de l’Enseignement mise en oeuvre depuis fin 2018. Chaque année, des milliers d’emplois ne sont pas pourvus par des Gabonais, faute de formation adéquate. Un véritable gâchis.



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