Crise sociopolitique : Nzouba Ndama appelle à la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale

Le président de Les démocrates s’est longuement exprimé à Mouila sur la crise multiforme que traverse le Gabon. Entre appel au dialogue et à la punition sévère des “pervers financiers”, Guy Nzouba Ndama a souhaité la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Deux institutions composées de membres ayant fait allégeance à Brice Laccruche Alihanga.

«Comment réparer notre cohésion nationale actuellement en ruine ?», s’est interrogé à Mouila, le président de Les démocrates (LD). Pour Guy Nzouba Ndama qui estime que dans l’absolu, l’opposition n’a rien à céder ni à concéder, cet état de fait incombe à Ali Bongo qui, en tant que président de la République, doit faire des concessions pour «restaurer l’image du Gabon ternie par tous ces scandales financiers qui ensorcellent chaque jour un peu plus le sort du présent septennat».

Pour y arriver, a-t-il déclaré, l’Exécutif devrait sortir du «déni persistant» selon lequel «il n’y a point de crise». Pour lui, cette crise bien réelle a été amplifiée avec les «dérapages constitutionnels occasionnés par le zèle immodéré» de Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo.

Guy Nzouba Ndama appelle donc à un «nettoyage» au sommet de l’Etat et pense que «le président de la République devrait prendre le courage historique de dissoudre le gouvernement encore composé majoritairement de membres qui ont fait abusivement allégeance à un simple fonctionnaire (Ndlr. BLA)». Nzouba Ndama affirme que certains ministres actuels ont abaissé «outrageusement la fonction de ministre face à un collaborateur qui a agi en marge de ses prérogatives». Pour lui, «le statut de messager était un stratagème cousu de fil blanc qui masquait très mal des ambitions personnelles».

Le président de LD est certain que le gouvernement a failli d’autant plus que, a-t-il déclaré, «pendant que le pillage de l’argent public se systématise ainsi, il piétine, lambine, paresse, échoue dans ses nobles missions». «Son action n’a d’équivalent que son incompétence notoire» a-t-il affirmé, présumant qu’après cette dissolution, Ali Bongo «devrait se résoudre à former un gouvernement restreint». Ses missions principales : réconcilier les Gabonais avec eux-mêmes et avec les politiques, relancer l’économie. Ce gouvernement doit aussi moraliser la vie publique sur fond d’éloge à l’honnêteté, au goût de l’effort, et au mérite dans les promotions relatives à la gestion des affaires publiques.

Guy Nzouba Ndama suggère la même piste pour l’Assemblée nationale. Le «président de la République devrait également prendre le courage historique de dissoudre l’Assemblée nationale». Selon le président de LD, à l’instar des membres du gouvernement, «plusieurs députés ont abaissé leur statut en abandonnant l’hémicycle et le rythme normal de leurs travaux pour aller applaudir comme des pantins et adouber la mégalomanie d’un simple collaborateur du chef de l’Etat». Ce qui est, à en croire le leader dont le parti compte 10 députés à l’Assemblée nationale, un obstacle pour la cohésion nationale. «Nous appelons à la conscience du président de la République afin qu’il se souvienne de son serment, lequel voue toute son action et toutes ses forces à servir l’intérêt supérieur de la Nation», a-t-il revendiqué.

Source: https://www.gabonreview.com/blog/crise-sociopolitique-nzouba-ndama-appelle-a-la-dissolution-du-gouvernement-et-de-lassemblee-nationale/

Articles apparentés