Prenez en de la graine !

Nous avons vu hier que la diversification était absolument nécessaire pour préparer l’après-pétrole et ne pas être dépendant des fluctuations imprévisibles du cours de l’or noir.

Le Président ABO a accordé la priorité à la diversification agricole : qu’en est-il vraiment ?

Le programme Graine, mis en place en 2014, vient de terminer sa phase expérimentale avec des difficultés porteuses de leçons et aujourd’hui maitrisées. L’objectif national est l’autosuffisance et l’exportation de produits alimentaires bruts, mais aussi transformés, afin de conserver sur le sol du Gabon une plus grande part de la valeur ajoutée. Graine inclut toute une panoplie de mesures allant de la gestion des sols aux 76 milliards de francs annoncés le 4 octobre, pour booster les infrastructures, la formation et la recherche. On estime que 17000 Gabonais devraient pouvoir trouver un emploi dans les nombreuses coopératives sorties du sol grâce à Graine. Le programme est dans sa phase d’envol maintenant, mobilisé pour développer de nouveaux marchés et une alimentation saine.

Graine a commencé par le manioc, les bananes, et aussi les tomates. Fort de son succès, le programme s’attaque maintenant à l’élevage, en particulier celui des poules et autres volailles. Ce changement, qui vise à une meilleure alimentation de tous les Gabonais, c’est à Ali Bongo que nous le devons. La vision est complète et de long terme. Car le Gouvernement de son Excellence vise le long terme. Il déploie des efforts dans la formation, la logistique (établissement de plateformes multiservices), il améliore l’équipement des fermiers (nouveaux tracteurs et financement d’équipements modernes) En amont, les enjeux fonciers – pour le dire clairement : libérer des terres pour les fermiers Gabonais – sont traités par des initiatives innovantes et scientifiques. Le programme Graine permet ainsi de lancer des études des sols, ce qui permet de mieux les recenser et de les affecter aux cultures les plus appropriées. Cette politique du gouvernement de Julien Nkoghe Bekale, qui s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs, respecte les écosystèmes de nos terres dans le choix des endroits où créer les exploitations.

Le ministère de l’agriculture a également lancé le programme d’éducation nutritionnelle «Les Classes vertes» pour présenter les métiers agricoles aux plus jeunes et les sensibiliser au développement durable. Appuyé par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, il permet de « semer la fibre agricole » de plus de 130000 écoliers de notre pays. Plus d’un millier de jardins sont en train d’être créés dans nos écoles primaires.
«Les Classes vertes» sont le prolongement des «Vacances agricoles» patronnées par Sylvia Bongo, qui visent la sécurité alimentaire du Gabon. « L’idée est de produire des tonnes de produits maraichers, et convaincre les petits et leurs parents de leur capacité à être en symbiose avec l’environnement, de faire un retour à la terre » indiquait récemment en substance Biendi Maganga Moussavou, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et de l’Alimentation, lors d’une émission Décryptage de la chaine Gabon 24. « 200 000 arbres fruitiers vont être ainsi plantés cette année ! »

Le Gabon importe près des deux tiers de sa consommation alimentaire, malgré son étendue et sa faible densité démographique (6 habitants au kilomètre carré). Sur les marchés, les fruits et légumes proviennent souvent du Cameroun, la viande du Brésil ou d’Afrique du Sud. Nous importons chaque année des milliers de tonnes de volailles et de riz.

Le Presida a pris le problème à bras le corps pour réduire cette dépendance, mais aussi exporter. Le gouvernement soutient le secteur agricole d’aujourd’hui mais aussi de demain avec des incubateurs comme le PASTA-PEJA : « le Projet d’appui à la stratégie de transformation de l’agriculture et la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur agricole et l’agrobusiness ». Cela se fait dans la droite ligne du mouvement Ajev, destiné à mobiliser les énergies et la vitalité des jeunes Gabonaises et Gabonais. En misant aussi sur la formation par alternance des jeunes, « diplômante et 30% théorique », et sans hésiter à solliciter les conseils d’experts venus d’Europe ou d’ailleurs.

7500 hectares de palmiers à l’huile vont ainsi commencer à produire à partir de 2020, avec des perspectives très prometteuses à l’exportation.
Pour limiter notre dépendance dans le domaine de l’alimentation animale, le Ministre de l’Agriculture développe la culture du soja.
Ces exemples concrets pourraient être poursuivis dans le riz dans le Nyanga, ainsi que le café et le cacao, pour lesquels on vise les 10 000 tonnes, dans une zone agricole de 13 000 hectares à Bitam. Le Partenariat Public Privé mis en place dans cette même localité organise l’abattage en terre gabonaise du bétail venu du Cameroun. Chacune de ces initiatives se traduit concrètement par des milliers d’emplois pour les Gabonais.

La priorité mise par le Présida sur l’agriculture s’est bien traduite concrètement. Les initiatives foisonnent dans tout notre pays, et grâce à la richesse de notre terre, cela fonctionne ! Bien sûr, le chemin est encore long, mais les succès sont bien visibles. Sur ce plan, il n’y a que les hyènes de mauvaise foi de l’opposition pour rester aveugles à ces résultats tangibles. Au lieu de gesticuler, ils feraient mieux… d’en prendre de la graine !

Lundi prochain, je vous parlerai des pêcheurs gabonais… mais ce ne sera pas des péchés de la chair dont il sera question…

Franck Mabounda

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